Accueil du site / l’ensemble des travaux par ordre chronologique / 1996 / CAP.MAX, cf. E.Neufert

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CAP.MAX fait partie d’une série de projets où je me réfère littéralement aux normes les plus élémentaires en architecture. Dans ce cas-ci, je prend comme référence l’ouvrage bien connu des architectes « Les éléments des projets de construction » réalisé par l’architecte Ernst Neufert, édité la première fois à Berlin en 1936.

A cette époque je m’interrogeais sur le bien fondé du corp matériel de l’œuvre d’art dans une société de surproduction d’objets . Fallait-il ou non occuper l’espace, fallait-il produire de nouveaux objets dans un monde en perpetuelle congestion ? Est-ce que l’objet d’art n’est-il finalement là que pour créer un lien entre les gens ? et par conséquent, pourrait-on peut-être tout simplement se concentrer sur ce lien, l’occupation de l’espace étant déjà là, grâce au corp même des spectateurs . Or la densité habitée de l’espace est une notion qui fait partie du B à Ba de l’architecture…faire un espace pour qui, pour quoi et pour combien d’habitants ?

Mais, poser la question sous cette forme induit une attitude moraliste, sans faille où le pragmatisme est le maître mot de la réflexion ; On ne fait des choses que si elles sont utiles …

Selon l’architecte viennois Adolf Loos, en 1908, le primitif qui se tatoue n’est pas un criminel , par contre l’homme ‘cultivé’ d’aujourd’hui, si. Son image extérieure n’a pas, selon les dire de Loos, à être un signe de distinction, mais bien sa culture, son intelligence, sa personnalité. De même, en architecture, le peintre, le sculpteur, le décorateur commettent un crime en l’encombrant de leurs ouvrages. Ils ne laissent pas à l’homme moderne le choix de jouir de toute la potentialité de sa propre culture. Comment pourrait-il ecouter la 9 ème symphonie de Beethoven dans un environnement éclectique et maniéré et surtout dépassé - ce décor n’est que prétexte à confusion et gaspillage de travail.

Comprenant le bien fondé des théories de Loos et y voyant une relation étroite avec les préocupations contemporaines, j’ai proposé d’exacerber la vision pragmatique de l’espace, en le rationalisant, terminant étrangement par le tatouer litérallement par la représentation de sa fonction première qui est justement celle de l’occuper.

CAP.MAX est une intervention sur le sol montrant sur un tapis en vinyle sérigraphié l’agrandissement à l’échelle 1/1 du schéma en plan de la capacité humaine maximale tolérée pour les espaces publics réduits tels que ascenseurs, téléfériques et autres.

Cette capacité est de 6 personnes au m2.