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Basket Match Interventions & actions publiques, installation, peinture et vidéo. Septembre 2000, dans le cadre de l’exposition « Beatrijs Albers & Emilio López-Menchero » au Centre Culturel de Strombeek, Bruxelles.

Le projet au centre Culturel de Strombeek faisait partie du cycle d’expositions en duo organisé par le commissaire et critique Luk Lambrecht qui m’invita à travailler en dialogue avec l’artiste Beatrijs Albers. Nous avons parallèlement réalisé des projets personnels qui se sont progressivement imbriqués les uns aux autres, tant au niveau du contenu que de la forme. Une réalisation commune montrant diverses facettes de nos démarches respectives se concrétisa dans la salle principale du centre ; nous avons tout d’abord investis chacun de notre côté les alentours du lieu.

Madrid 1952 -----------------------------------------------------------------------------------------------Strombeek 2000

Le projet Basket Match comprenait trois phases. Le terrain de Basket situé à côté du centre attira mon attention pour son état délaissé d’une part et d’autre part pour des raisons auto-biographiques (mon père a été un joueur de basket-ball à Madrid dans les années 50).

photo Boris Saverys photo Boris Saverys

Phase 1 : Copier-Coller réellement et physiquement un élément urbain a été la base de mon projet ; Dans un premier temps, j’ai contribué à un acte social bénévole en retraçant proprement les lignes du terrain à peine perceptibles, avec de la peinture routière réfléchissante ; Dans un second temps, sur le toit plat du centre, j’ai retracé la copie conforme, à échelle 1/1 du tracé, c’est-à-dire un acte artistique (cette copie devenait un faux terrain inutilisable). Le subterfuge n’était visible que de la partie haute du centre et vue d’avion.

Phase 2 : à l’intérieur du centre Beatrijs Albers et moi-même avons réalisé un Box où différents éléments et matières de nos propositions respectives apparaissaient. Dans mon cas, une fresque peinte de 7m de long sur 3m de hauteur montrait une vue aérienne du centre et de ses alentours avec les deux terrains de basket. Cette fresque ne pouvait se contempler qu’à travers une grille métallique. Celle-ci faisait office d’échantillon, car je proposais aussi (tel un architecte), à travers tout ce projet, un réaménagement adéquat au niveau sécurité du terrain de basket voisin. Ce projet d’aménagement faisait l’objet d’une simulation en 3 d de la proposition.

Dans la cafétéria du centre, d’où la vue par les parois vitrées donnait directement sur le terrain, je montrais sur deux moniteurs, une vidéo intitulée « solo basket match » (durée de 10’), dans laquelle je jouais une partie sur le terrain, en solitaire.

Phase 3 : deux équipes de junior, dont l’équipe locale Strombeek-Bever et l’équipe de la commune de Jette, les « Blue Socks » ont réalisé un match en règle, le jour du vernissage.

Le thème qui fit le lien entre ma proposition et celle de Beatrijs Albers était celui de la limite.

Elle fit aussi un tracé à la peinture réfléchissante sur un mur d’un bâtiment industriel voisin du centre. Ce tracé représentait la frontière bordant, dans le désert du Colorado, une base militaire (le China Lake Weapons Center) que Beatrijs Albers avait longée à la marche : de cette expérience performative située dans un des décors du film « Zabriskie Point » d’Antonioni, elle apporta sous forme de film-vidéo, vidéo-master, Dias, dessins et échantillons de matière une information abondante en confrontant les clichés touristiques à son vécu sensible, lié à sa propre limite physique sportive.

Dans nos deux propositions apparaissaient toute une série d’éléments semblables : la limite personnelle performative, l’autobiographie, le déplacement (copier-coller), dans mon cas de quelques mètres dans celui de Beatrijs Albers, de milliers de km, déplacements de frontières et par là de règles dans l’espace.